Sujet o3 ■ « Alors que sa compagne venait de le quitter, Alex, 37 ans, renversa une jeune fille de 17 ans en scooter. Petit accident sans gravité. Pour tellement à venir. Ils ne le savaient pas, mais cet impact, ce choc entre les deux carrosseries, allaient changer leur vie. »
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Alors que sa compagne venait de le quitter, Alex, 37 ans, renversa une jeune fille de 17 ans en scooter. Petit accident sans gravité. Pour tellement à venir. Ils ne le savaient pas, mais cet impact, ce choc entre les deux carrosseries, allaient changer leur vie.
Immédiatement après le choc, Alex sortit de sa voiture et se précipita sur la jeune fille à scooter qu'il venait de heurter en voiture. La jeune fille s'appelait Caroline et heureusement, elle n'était pas blessée. Il se précipitait vers elle et n'avait pas encore vu son visage qu'il l'entendait déjà lui hurler dessus, d'une façon si hystérique que sa voix partait dans les aigus. Il allait commencer à s'excuser, à lui proposer de la ramener chez elle, d'appeler la police et les assurances quand elle releva la tête vers lui. Quand il découvrit son visage, il resta pétrifié par la surprise. Ce visage ou plutôt ces traits, il aurait pu les reconnaître les yeux fermés. C'était tellement elle. Tellement loin dans sa mémoire. Il se rendait bien compte que ça ne pouvait pas être Déborah parce que en dix-sept ans, on change. On change beaucoup. Et pourtant, cette jeune fille qu'il avait juste en face de lui était son portrait craché...
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Flash-back : 17 ans plus tôt
Alex est étudiant en fac de droit, c'est alors qu'il est en retard à un cours qu'il la heurte violement dans un couloir. Elle, c'est Déborah, une grande brune aux yeux gris clair qui lui sourit nonchalamment. Ils ont vingt ans et des rêves plein la tête. Ca n'aurait dû être qu'un hasard mais c'était déjà beaucoup plus que cela. Beaucoup plus. Et ils le savaient tous les deux.
*
La jeune fille ressemblait à Deborah sauf qu'elle avait les cheveux d'un noir de jais, et un éclat marron dans les yeux. Mais, elle avait la même démarche, le même tic de se mordre les doigts sans que personne ne vous remarque, de se balancer délicatement d'un côté et de l'autre parce qu'elle déteste devoir rester en place et cette voix. Elle était presque identique. Les mêmes accords, les mêmes notes. Son visage de poupée lisse, sans aucune imperfection était pareil que celui de Deborah, dix-sept ans plus tôt.
Alex savait précisément le nombre d'années qu'il n'avait plus revu Déborah. Pour la simple et bonne raison qu'il avait compté chacune d'entre elle. Sa vie avait complètement changée après son départ. Et plus jamais il n'avait été le même homme.
Il regardait cette fille lui crié dessus en pleine rue mais il n'y était déjà plus. Il était ailleurs, dans ses souvenirs du passé. Dans ses souvenirs d'il y a plus de 17 ans. Il se souvenait à quel point ils s'étaient aimés. C'était la passion, la vraie, la grande. Celle qui embrase autant les coeurs qu'elle ne les détruit. Ils s'aimaient mais étaient très différent. Ils avaient des rêves différents, opposé même. Elle, elle voulait une famille, se posé, ouvrir un restaurant en plein coeur de paris tandis que lui, il voulait parcourir le monde, la faire rêver et surtout ne jamais s'enterrer dans une vie de couple monotone. Alors, bien évidement, après des mois de passion pure, intense et brutale, la séparation était venue. C'était lui qui lui avait demandé de le quitter. Parce qu'il n'aurait pas pu prononcer les mots mais qu'il sentait chaque jour qu'il était en train de la perdre et elle, elle avait cessé de vouloir se battre pour le retenir. Alors, les larmes aux yeux, elle s'était effacée de sa vie. A tout jamais. Ou presque.
-Vous m'écoutez ?!
La jeune fille venait de le tirer de sa rêverie et du passé. Il la regarda dans les yeux pendant qu'elle le contemplait d'un regard muet et surpris.
-Désolé. J'étais ailleurs. Vous... Vous...
-Oui ?
-Vous ressemblez tellement à quelqu'un que j'ai connu. En réalité vous êtes à peu de chose près, son portrait craché.
-Désolé pour vous mais je ne fais pas dans les vieux macros. Alors gardez votre baratin pour vous ! Merci!
-Désolé, ce n'est pas ce que vous pensez.
-C'est rarement ce que les gens pensent à vrai dire.
-Oui mais Déborah...
Il resta stupéfait lui-même d'avoir prononcé ce nom. Et la jeune fille s'arrêta net alors qu'elle s'était ravancé vers son scooter mal en point.
-Qu'avez-vous dit ? Comment m'avez-vous appelée ?
-Je suis désolé. Je ne sais pas. Je...
-Déborah ? C'est bien ce que vous avez dit non ?
-Oui mais...
-C'est le prénom de ma mère. Déborah.
Là, ce fût à Alex de rester bouche bée sur place. Il ne s'y attendait que vaguement. A vrai dire, il n'osait l'espérer.
-Comment s'appelle votre mère ?
-Déborah Parkins. Pourquoi ? Vous la connaissez ?
Alex ne se rappelait que vaguement de son nom de famille mais quand elle le prononça, il sut que c'était exactement cela. Et d'un coup, il relia tout. Ces cheveux noirs de jais, c'était la même couleur que les siens. Cet éclat marron dans ses yeux, c'était le même éclat rare que les femmes lui vantaient quand elles le regardaient dans les yeux. Et cette fille, elle n'avait pas l'air d'avoir plus de 17ans.
-Je l'ai connue, oui. C'est quoi votre nom ? Vous n'avez pas l'air d'avoir plus de 17ans, non plus.
-J'ai 17ans ! Et je m'appelle Caroline.
Et d'un coup, il fût frappé par les souvenirs. Caroline, c'était le prénom que Déborah avait toujours dit qu'elle donnerait à sa fille. Il se souvenait bien de cette conversation. Parce que ce prénom c'était lui qui lui avait conseillé. Il trouvait les autres trop vieillot ou trop trop. Caroline, pour lui, c'était parfait. il se souvenait que cela avait fait sourire Déborah.
Et puis, il se souvint du jour de leur rupture. Il se souvint qu'en arrivant à son hôtel ce jour-là, elle était éblouissante de beauté et le sourire aux lèvres, lui promettait une grande nouvelle qui allait tout bouleverser. Il ne l'avait pas écouté. Il lui avait demandé la rupture avant et elle avait dit que la nouvelle était une place de chef dans un grand restaurant. Puis, ils s'en étaient allés chacun de leurs côtés et la vie avait continuée.
Pendant qu'il ressassait ses souvenirs, Caroline avait appelée sa mère. C'est sa voix qui la fit sortir de ses pensées. Elle était dos à lui mais quand elle cria le nom de sa fille, il se retourna et la reconnût. Elle était toujours aussi belle et n'avait pas tant changée. Juste le temps qui lui avait donné une autre beauté.
-Déborah...Murmura-t-il, comme pour lui-même.
C'est alors qu'elle le vit et que son coeur rata un battement. Elle se souvenait de lui. Comment oublié le père de son enfant ? Comment oublié son grand amour ? Et surtout comment oublié cet homme qu'elle n'avait jamais cessé d'aimer ?
Ils se sourirent un instant et alors que Caroline demandait les clés de voiture à sa mère parce qu'elle allait être en retard à son rendez-vous galant, Alex s'approcha de sa mère. Comme dans ses films au ralentis où les deux protagonistes ne peuvent se quitter des yeux. Il ramassa le scooter de caroline et rangea sa voiture sur le bas côté de la route. Ils ne s'étaient pas encore dit un mot mais leurs regards parlèrent pour eux. Ils se dirigèrent vers un petit café où enfin, ils se parlèrent. Cela dura des heures. Des heures durant lesquelles, elle lui raconta toute sa vie jusqu'à aujourd'hui, la naissance de Caroline, où il lui dit à quel point il était désolé, qu'il voulait se rattraper, qu'il n'avait jamais cessé de l'aimer. Des heures durant lesquelles ils rattrapèrent un peu le temps perdu de ces 17 dernières années. Et où ils ressortirent, le sourire aux lèvres, l'âme en paix et le coeur chantant des promesses d'un avenir prometteur. Enfin, l'amour était de retour dans leurs vies. Plus fort cette fois-ci...